40 ans de l'église St-Etienne

A l'occasion des 40 ans de l'église St-Etienne, un nouvel autel a consacré lors de la messe du 22 janvier célébrée par Mgr Joseph De Kesel. Retrouvez ici l'homélie de Mgr De Kesel, les différents témoignages de paroissiens présents il y a 40 ans, un mot d'explication de l'architecte et les remerciements de l'école EOS du Liban, accompagnés de quelques photos. (Quelques photos de la célébration se trouvent à la rubrique "Photos".)

Nous poursuivons notre soutien à l’École d’Orientation Sociale de l’Ordre antonin au Liban (voir ci-dessous la lettre de remerciement). Vous pouvez continuer à verser vos dons sur le compte BE76 3100 9088 0295 de l’AOP Ste-Croix – St-Etienne (mention ‘Ecole EOS - Liban’).

Homélie

L'évangile de ce dimanche nous raconte le début de la prédication de Jésus. Il a commencé en Galilée. Matthieu cite le texte du prophète Isaïe qui parle de cette "Galilée des nations" et qui dit : "Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière et sur ceux qui y habitaient une lumière s'est levée." c'est clair, ce que Matthieu veut dire : cette lumière qui s’est levée, c’est le Christ ; cette lumière, c’est l’évangile qu’Il vient d’annoncer. Et tout de suite, dès le début il appelle des disciples, Simon et son frère André, et puis Jacques et son frère Jean. C’est frappant : l’appel des disciples se fait sans attendre.

Pourquoi ? La raison est évidente. Jésus veut parcourir tout le pays, la Galilée mais aussi la Judée. Il veut visiter toutes les villes et tous les villages pour annoncer l’évangile de la bonté de Dieu pour tous les hommes. Il a donc besoin de collaborateurs. Mais ce n’est pas la seule raison. Sinon Il aurait pu attendre jusqu’au moment où le besoin se présentait. Mais c’est vraiment dès le début qu’Il ne veut pas être seul. Parce qu’Il cherche non seulement des collaborateurs et des serviteurs, mais aussi des amis avec qui il peut partager la vie. Comme Il le dira plus tard : « je ne vous appelle pas serviteurs mais amis ». En effet, l’évangile n’est pas une idée ou une belle théorie. Il ne se manifeste et ne se vérifie que dans le vivre ensemble. Car ce n’est que par ce partage, en vivant ensemble, que l’on apprend à vivre l’évangile, en étant vraiment le prochain de l’autre et en estimant l’autre supérieur à soi. C’est dans l’entourage de Jésus, en restant près de Lui et en communion avec Lui, que l’on apprend ce que l’évangile signifie réellement. C’est la raison fondamentale pour laquelle, dans l’évangile, Jésus est toujours entouré de ses disciples.

Voilà pourquoi nous sommes tous et toutes des disciples du Christ. Non seulement ceux et celles qui ont une mission pastorale et qui sont en ce sens des collaborateurs du Christ. Mais tous nous sommes ses disciples en tant que ses amis. C’est notre vocation chrétienne : partager notre vie avec Lui, rester dans son entourage en vivant en communion avec Lui. D’où l’importance d’une communauté d’Eglise et du lieu où elle se rassemble.

Voilà pourquoi je suis heureux d’être ce matin parmi vous à l’occasion de la bénédiction de l’autel. Car c’est ici que votre communauté rencontre le Seigneur. C’est ici que nous sommes nourris et fortifiés. Tout d’abord, en écoutant la Parole de Dieu. Car c’est par la Parole que nous entrons en contact et en partage avec Dieu. Mais il n’y a pas seulement la Parole ; il y a aussi la table : non seulement le lutrin, mais aussi l’autel. Si la Parole est déjà le signe de l’Alliance de Dieu avec nous, la table l’est encore plus. Lors d’une fête, quand on est invité à la table, on sait que l’on appartient au cercle de famille ou des vrais amis. Ici, à cette table, nous devenons effectivement la famille du Seigneur. Ici, nous devenons sa communauté, son Eglise. C’est pourquoi l’autel se situe au milieu et au centre de l’église. C’est l’autel sur lequel nous déposons les offrandes : du pain et du vin, pour agir comme Jésus nous l’a demandé la veille de sa passion. La table où nous recevons le corps et le sang du Seigneur. Nous offrons du pain et du vin et nous recevons le Seigneur lui-même.

C’est pourquoi cette table n’est pas simplement un objet utile. Elle va être ointe, marquée de l’onction d’huile. Car c’est la représentation de Jésus même, lui qui est appelé Christ, c’est-à-dire « Oint, marqué de l’onction ». C’est pour cela que l’autel est toujours entouré du plus grand respect et qu’il est effectivement oint. Pour que nous ne puissions jamais oublier que, lorsque nous sommes rassemblés autour de cet autel, nous sommes toujours rassemblés autour du Christ. Et pour qu’ainsi nous-mêmes, nous soyons « marqués de l’onction », c’est-à-dire « du Christ », chrétiens dignes de ce nom.

Cette table n’est pas seulement source d’unité et de communion avec le Christ. Elle est aussi source d’unité et de communauté les uns avec les autres. En cette semaine de prière pour l’unité de tous les chrétiens, cela nous est rappelé dans la deuxième lecture. Paul nous met en garde contre les divisions et les rivalités. Nous ne sommes pas de Paul, ni d’Apollos, ni de Pierre. Nous sommes au Christ. Telle est notre vocation comme Eglise et comme chrétiens : vivre en communauté avec Lui, former communauté autour de Lui. Ainsi ne sommes-nous pas seulement ses disciples et ses amis, mais aussi frères et soeurs les uns des autres. Que cet autel que nous allons consacrer soit signe de votre unité autour du Christ, Lui qi ne vous appelle pas des serviteurs mais des amis.

Témoignage de Roland Delval

Arrivés à Rixensart en 1963, bien avant la fusion des communes, l'on y comptait à l'époque 4000 habitants, deux paroisses la paroisse Sainte Croix située en la Chapelle du château et la paroisse Saint François Xavier située à Bourgeois. Monsieur l'abbé Chopinet curé de la paroisse Sainte Croix, devant le nombre croissant d'habitants et de paroissiens à Rixensart demanda à l'évêque de l'époque Monseigneur Suenens de pouvoir créer une nouvelle paroisse sur le territoire de Rixensart. L'affaire fut menée rondement et c'est l'abbé Jacques Hemeleers qui fut nommé responsable de la paroisse St-Etienne. Il faut savoir que ces deux abbés furent vicaires de la même paroisse, celle du Sacré Cœur à Etterbeek et qu'il y avait donc une relation fraternelle entre eux et ce depuis plusieurs années sous la direction d'ailleurs de l'oncle de Jacques Hemeleers curé de leur ancienne paroisse.

C'est bien d'avoir un curé mais que faire sans lieu de culte ? Comment passer du garage de la famille Delacroix, puis de la chapelle de l'Avenue Françoise pour en arriver à Froidmont ? Cette réponse vous sera donnée par mon ami Pierre Verougstraete qui fut associé dès le départ au long chemin qui aboutit dans ce lieu qui nous réunit aujourd'hui ?

Sur le plan pastoral le Saint Esprit organisa une rencontre d'importance dans l'évolution de la paroisse. Après avoir hérité de la famille Demeure de la ferme de Froidmont en 1973, une rencontre, lors d'une retraite, entre Jacques Hemeleers et le Provincial des dominicains le père Charlier fut déterminante. En effet les dominicains résidant dans leur couvent situé à La Sarthe près de Liège furent expropriés et cherchaient un point de chute à proximité de LLN. De plus un certain nombre de leurs confrères situés à Bruxelles se joignirent à cette nouvelle communauté de Froidmont. Parmi ceux-ci citons les Pères Berten, Dingemans et bien d'autres qui accueillirent dans leur communauté des laïques mariés avec ou sans enfants, ainsi qu'une religieuse dominicaine de Fichermont.

Cette expérience ouverte aux laïques marqua le fait que pour des jeunes enfants l'environnement d'un nombre élevé d'adultes ne leur était pas très favorable ce qui mis fin à leur présence in situ mais un certain nombre de ménages continuèrent à faire partie de la communauté tout en vivant à proximité de Froidmont.

La paroisse assumée dans un premier temps par des prêtres diocésains, successivement Jacques Hemeleers et José Lhoir, fut prise en charge par la communauté dominicaine en 1996.

Sur le plan spirituel le bureau paroissial organisa très vite un certain nombre d'équipes en collaboration avec les dominicains, telles que celles s'occupant de la préparation au mariage, au baptême, à l'accueil des divorcés remariés sous la direction du Père Dingemans, des groupes d'évangile, des visiteurs des malades, de la bibliothèque paroissiale, des préparations des messes du weekend, des chorales des jeunes du samedi soir accompagnée pendant 20 ans par la même organiste et celle des adultes de la messe de 11 heures, de la préparation à la première communion et à la confirmation, des célébrations des funérailles, des équipes de foyer, la première équipe Anime qui formait des adultes au diaconat pendant trois années de formation fut organisée au départ de Froidmont avec comme aumôniers Marc Luyckx et Rémy Van Cothem devenu évêque depuis lors. Bref la semence a vite évolué et est d'ailleurs toujours bien présente.

De nombreux paroissiens se sont engagés et pour certains d'entre eux aujourd'hui encore, dans des responsabilités telle que une présence active à la St-Vincent de Paul, au resto-rencontre, dans les pouvoirs organisateur des écoles Ste-Agnès et La Source, dans la création et la gestion encore actuelle du Centre Culturel de Froidmont et ce depuis 1977.

Nous avons ainsi vécus 30 années paroissiales extraordinaires. Aussi le départ des Dominicains pour Liège, LLN et Bruxelles fut un moment difficile à vivre pour de nombreux paroissiens et le défi énorme à relevé pour leurs successeurs en tant que responsables et animateurs paroissiaux.

Mais la chance sourit aux audacieux et c'est ainsi que grâce la nomination de l'abbé Eric Mattheeuws en tant que curé suivi de celle des abbés Carlos et Francesco qui fut remplacé il y a peu par Raphaël. La paroisse au fil des ans reprit une activité appréciée de tous les paroissiens.

Enfin impossible de ne pas faire mention dans ce bref historique de la vie paroissiale de l'important rayonnement qu'ont eu et continuent à avoir depuis leur arrivée, les sœurs Bénédictines du monastère de l'Alliance en y accueillant autant les jeunes que les adultes avec spontanéité et efficacité.

Permettez moi pour terminer de vous faire un aveux : mon épouse et moi-même avons toujours considérés, et aujourd'hui encore, Froidmont comme notre deuxième maison et c'est avec grand plaisir que nous nous y retrouvons à diverses occasions.

Témoignage de Pierre  Verougstraete

En 1966 une nouvelle paroisse fut créée à Rixensart avec comme curé, Jacques Hemeleers. Cette décision était un challenge et les perspectives n'étaient pas des meilleures car la paroisse ne disposait d'aucun lieu de culte et l'avenir était donc incertain. C'était compter sans le dynamisme du nouveau curé qui, dans un premier temps, obtint en donation pour la paroisse, de l'entièreté de la ferme de Froidmont. Mais, à bien réfléchir, que peut faire une paroisse d'une ferme brabançonne ? C'était incompatible.

Mais rien n'arrête notre curé. C'est lors d'une rencontre providentielle entre le Provincial des Dominicains de l'époque et notre curé, que se forma un deal qui fut accepté par les parties. Les Dominicains se voyaient dans l'obligation de quitter la Sarthe (Huy) et souhaitaient se rapprocher d'un lieu pour avoir plus de rayonnement spirituel.

Dès lors la transformation de la grange en un lieu de culte put prendre naissance. Un architecte fut choisi en la personne de Lucien Kroll, qui était particulièrement ingénieux, même s'il fallait quelquefois tempérer ses ardeurs.

Dès l'abord, le projet de l'architecte se démarqua de la structure des églises traditionnelles où une part des fidèles éloignés de l'autel ont difficile à rester attentifs. Kroll privilégia l'idée fondamentale d'une assemblée de fidèles, concentrée sur plusieurs niveaux en demi-cercles autour de l'autel et de ce fait en pleine communion avec le célébrant durant tout l'office.

L'éclairage fut également une exigence fondamentale car, pour les cérémonies, l'obscurité devait nécessairement être remplacée par un faisceau de lumière. Dès l'abord l'éclairage artificiel fut exclu en faveur d'une prise de lumière dans la toiture- c'est parfois gênant pour le célébrant - et en plus grâce à une saignée importante dans un mur latéral, à la limite de la stabilité du bâtiment.

Après de longs mois de péripéties, la paroisse a désormais la joie d'animer toutes ses activités dans l'utilisation de cette grange rénovée.

 

Mot de Florence Cosse, architecte

Une église, c’est une assemblée autour d'un autel.

L'autel je le souhaitais investi de son sens sacré mais aussi "Festif" à l’idée d'une table dressée pour la célébration de l'eucharistie.

C'est pourquoi le bois est travaillé à la façon d’un plissé.

Remerciement du P. Béchara Elia, supérieur antonin à l'école EOS (Liban)

Dans la deuxième aux Corinthiens, Saint Paul a dit : « Que chacun donne comme il l'a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement ». (2 Co 9 :7) :

Pour célébrer le quarantième anniversaire de votre église, vous aviez fait un pèlerinage au Liban. Pendant cette visite, notre établissement et notre orphelinat ont eu l’honneur de vous accueillir chez nous. Vous avez pu évaluer les situations que nous tendons à améliorer chaque jour.

Nous avons reçu de votre part un don de 12 000 Euros par le biais du Père Raphael Aoun, notre ambassadeur chez vous.

Nous tenons à vous dire, merci, chers paroissiens, merci, pour votre don et votre contribution dans notre établissement. Notre orphelinat, qui s'est donné pour mission de participer à l'éducation des jeunes enfants, a utilisé une partie de votre don pour assurer à 10 élèves l'achat de leurs livres scolaires et de tout ce dont ils ont besoin.

Grâce à vous, nous avons également acheté 150 nouveaux couvre-lits et un chauffage électrique pour chauffer la cour intérieure. Avec le reste de la somme, nous avons amélioré la salle de musique, acheté un plus grand nombre d’instruments de musique et assuré le salaire du professeur de musique pour cette année.

Nous vous remercions de tout notre cœur ; et nous vous assurons avec nos enfants de notre prière, en célébrant avec vous, le jour même de l’inauguration de votre autel, une messe à vos intentions.

L'Ecole de l'Orientation Sociale (E.O.S.) de l'Ordre Antonin Maronite est située à Mrouj (Liban), et accueille 155 élèves, chrétiens et musulmans : certains sont orphelins ou sans parents légaux, d’autres proviennent de familles éclatées ou détruites par des conflits violents ou des situations morales dures. 95 sont internes, logés et nourris par l'école, 60 sont externes.  En 2009, pour sauver l’école d'une faillite totale, l'Ordre Antonin l'a achetée et l'a sortie d'une situation lamentable à plusieurs niveaux : direction, finances, personnel, bâtiment, équipement, etc. Malgré les énormes travaux de réparation, de maintenance et d'équipement, l'école a toujours besoin d'un grand soutien financier. Le déficit annuel est couvert par les Antonins car la subvention de l'État est minime, à savoir qu'elle arrive des années en retard. Dans un pays où il n'y a que l'école privée qui compte, l'EOS reste l'œuvre sociale et éducative la plus chère au cœur des Pères Antonins Maronites, lesquels doivent en même temps soutenir trois autres écoles qui desservent des tranches pauvres et défavorisées de la population.