La présence de l'Esprit (Ph. Cochinaux)

Dès l'instant où Il nous a confié sa Création, Dieu a voulu que nous soyons des hommes et des femmes libres. Le départ du Christ, son Ascension, est donc essentiellement de sa part le respect de notre liberté. Une liberté qui nous permet de construire notre avenir. C'est à nous qu'il appartient, en pleine responsabilité, de prendre des décisions qui conviennent pour l'avènement d'un monde plus humain, plus ajusté à la volonté divine. Le Christ nous laisse donc les mains libres et nous convie à occuper dorénavant autrement l'espace qu'il nous offre par le biais de son absence. Il ne s'agit donc pas d'une absence désertique, mais plutôt d'une absence empreinte de la présence de l'Esprit Saint tel que Celui-ci nous sera donné dans l'événement de la Pentecôte. Par l'effusion de l'Esprit, Dieu s'invite en chacune et en chacun de nous pour que nous poursuivions plus librement encore nos vies et que nous poursuivions son œuvre. En d'autres termes, le Christ s'est effacé de nos yeux pour mieux venir inhabiter en nous. Son départ symbolise dès lors un nouveau mode de présence, non plus une présence proche, visible et à nos côtés, mais plutôt une présence à la fois toute intérieure, universelle, hors frontière et hors du temps. Nous sommes liés à lui dans cette intimité de Dieu que nous appelons "Ciel". Jésus le Christ s'est retiré de ce monde terrestre pour entre pleinement dans le Royaume de l'Amour là où toutes et tous nous serons un jour rassemblés. Par son Ascension, il s'en est allé et, pourtant, c'est ainsi qu'il nous est le plus profondément présent. Comme le dit si bien Claudel, "il faut que je vous soustraie mon visage, pour que vous ayez mon âme." Dorénavant nous vivons plus librement encore le mystère de cette intimité divine entre le Père et le Fils, tout en étant réconfortés par la présence de l'Esprit qui vit en chacune et en chacun de nous. Dieu est à nos côtés. Il marche avec nous sur notre propre route d'Emmaüs. Il n'est pas étranger à nos histoires. Il les accompagne. ("La miséricorde" de Philippe Cochinaux)